Un journal fait par et pour des humains
« La culture est faite d’artisans qui travaillent avec leurs mains, avec leur cœur et leurs esprits. Elle est l’essence même de l’humanité. Parce que quand vient le chaos, c’est tout ce qui reste. » Anne Bouvier, présidente de l’Administration des droits des artistes et musiciens interprètes, a prononcé ces mots lors de la dernière cérémonie des Molières, le 4 mai dernier. Ils résonnent d’une manière particulière à nos oreilles, car il suffirait de remplacer le terme « culture » par celui de « presse » pour exprimer ce que nous ressentons aujourd’hui.
Qui l’eût cru ? En 2026, il nous semble important de rappeler que notre journal est fait par et pour des humains. L’intelligence artificielle (IA) s’immisce dans d’innombrable secteurs. En Chine, des robots humanoïdes courent le marathon, commencent à remplacer la police pour la circulation et des ouvriers dans certaines usines. Mais à l’heure où l’IA générative colonise nos imaginaires, produisant des contenus uniformes et standardisés, nous faisons le choix de défendre une information singulière.
Les différents journalistes, tous rémunérés, apportent leur regard sur chacun des sujets. Nous défendons une manière de produire de l’information, libre et indépendante, mais aussi des savoir-faire. Celui de raconter et d’illustrer le monde. Chaque dessinateur ou dessinatrice reçoit un article en amont pour en proposer une illustration avec son style et sa sensibilité. Un numéro de La Brèche est donc à chaque fois une œuvre collective avec ses forces et faiblesses. Un collectif qui marche sur un fil en tenant le cap, depuis plus de trois ans maintenant.
Artisanat, lenteur et précision
Ces convictions nous amènent à concevoir, chaque trimestre, un nouveau numéro avec patience et rigueur, comme dans tout artisanat. Mais l’artisanat a un coût. Et nous peinons à le couvrir avec les ventes et abonnements. Nous essayons donc de nous réinventer pour nous maintenir à flot. Et comme d’habitude, cela ne pourra pas se faire sans vous.
Tous les soutiens sont essentiels, des abonnements offerts aux achats ponctuels, des dons – même minimes – aux prescriptions amicales. Parlez de La Brèche autour de vous, distribuez des exemplaires et continuez de faire vivre ce journal avec nous. Défendre l’artisanat, quel qu’il soit, c’est aussi défendre une manière de faire avec lenteur et précision, un modèle de société dans lequel ce n’est pas toujours la productivité qui prime.
À l’heure où les autoritarismes gagnent du terrain aux quatre coins du globe, nous restons persuadés du rôle essentiel que doit jouer une presse indépendante et plurielle, affranchie des intérêts marchands et partisans, pour aider à s’orienter dans la complexité d’un monde qui mérite mieux que des discours simplistes. La presse ne doit pas être une course aux revenus et aux clics. Car quand vient le chaos, il ne faudrait pas que ce soit tout ce qui reste !
L’équipe de La Brèche
Paru dans La Brèche n° 16 (juin – août 2026)

Cet article est à retrouver dans le numéro 16, disponible en kiosque (liste des points de vente) ou sur commande, en version papier ou numérique, via le formulaire suivant

