Faute de moyens nécessaires, la justice restaurative se débat dans l’ombre

Plus de 10 ans après son introduction dans notre pays, la justice restaurative, dont l’objectif est de réparer le lien social rompu par une infraction, se développe à vitesse inégale selon les régions. Moyens insuffisants, acteurs isolés, bénévolat : consacrée par la loi de 2014, est-elle réellement encouragée en France ?

« Ce que j’ai commis est irréparable car il y a mort d’homme, mais il y a quand même des choses que j’ai pu percevoir et entreprendre pour changer », confie Cristhy*, qui a bénéficié en 2021 du programme Sycomore de l’association À cœur ouvert, alors qu’elle était incarcérée au centre de détention de Réau. Durant six semaines, elle a participé à des groupes de parole avec une dizaine de détenues sélectionnées. À l’aide d’exercices, elle a réfléchi aux répercussions d’une infraction de même nature que celle qu’elle avait commise et distingué les responsabilités. La loi relative à l’individualisation des peines de 2014 permet de proposer ce concept appelé justice restaurative à des personnes concernées par une infraction ; la circulaire de 2017 en précise le cadre juridique.

« Le meilleur levier pour s’améliorer »

Cristhy*, ancienne détenue

Après plus de dix ans de pratique, Adélaïde Moncomble, conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation (CPIP) en Gironde et représentante du syndicat Snepap-FSU1, espère une installation symbolique dans les institutions. « On ne lui donne ni les moyens humains ni financiers. On la laisse comme quelque chose d’accessoire, d’expérimental », déplore-t-elle. Pour Cristhy, la mesure a été salvatrice. En proie à la culpabilité, elle découvre des outils pour avancer. Placée en liberté conditionnelle depuis 2025, elle affirme que « c’est le meilleur levier pour s’améliorer à titre personnel ». Les quatre dernières séances consistent en une rencontre avec des victimes de faits similaires. Elle s’en souvient encore : « Il y avait une maman dont le fils a été tué lors d’une rixe, elle témoignait de ce qu’elle avait vécu durant le procès. On oublie complètement le mal qu’on peut causer aux parties civiles lors des débats. »

Un territoire en déséquilibre

La suite de cet article est à retrouver dans le numéro 17, disponible en kiosque (liste des points de vente) ou sur commande, en version papier ou numérique, via le formulaire suivant

* Prénom modifié afin de respecter l’anonymat

Inès Soto

Illustration : Fred Z

Paru dans La Brèche n° 17 (septembre – novembre 2026)

  1. Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire – Fédération syndicale unitaire ↩︎
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