L’extrême droite ou « la contre-révolution réactionnaire »
Les idées conservatrices les plus radicales gagnent du terrain et le phénomène est mondial. Nourrie par de grandes réunions internationales et le détricotage des institutions, l’extrême droite s’organise en mêlant politique, finance et technologie. À travers des réseaux d’échanges, de pensées et de ressources, l’internationale réactionnaire s’organise.
L’internationale réactionnaire gagne du terrain. Le Vieux continent ne déroge pas à la règle. En juin 2024, les élections européennes sont venues confirmer la montée en puissance de la droite conservatrice et de l’extrême droite à l’échelle mondiale. Cette dernière s’est aussi imposée aux États-Unis, au Chili, Colombie, Inde… La liste est longue. « Il existe des nuances en fonction des différents partis et contextes mais on retrouve : une dimension nationaliste qui s’exprime face à toute forme d’intégration supra-nationale; un autoritarisme avec une vision de la loi, de l’ordre et de la surveillance; un populisme en ayant toujours à cœur de détruire les piliers de la démocratie libérale », indique Gilles Ivaldi, chargé de recherche CNRS (Centre national de la recherche scientifique) au centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et spécialiste du phénomène populiste et des partis de droite radicale.
Les grands piliers de l’argumentaire de ces différents partis sont le sentiment d’insécurité et l’immigration. À l’instar de Donald Trump, le président chilien José Antonio Kast vient, par exemple, de lancer la construction d’une tranchée à la frontière péruvienne : « Ces mouvements s’appuient sur l’exploitation de tous les ressentiments. Ils jouent sur la peur, l’anxiété ou encore le sentiment d’insécurité. Cela est facilité par le fait que l’on traverse une succession de crises : le Covid, les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, etc. L’extrême droite s’appuie sur une dimension d’anxiété économique : déclin industriel ou baisse du pouvoir d’achat par exemple. La crise est toujours un terreau fertile pour les idées réactionnaires. » Cette montée globale de l’extrême droite s’explique par de grandes fractures structurelles car, comme le souligne Gilles Ivaldi, « personne n’a les moyens de régler les problèmes d’immigration et de mondialisation ».
À l’exercice du pouvoir en Italie, Giorgia Meloni se montre d’ailleurs moins active à lutter contre l’immigration. « Il existe des contradictions aussi du côté de la Silicon Valley, qui soutient le mouvement Maga (ndlr, Make america great again) mais qui reste demandeuse de travailleurs immigrés pour ses entreprises », ajoute François Debras, professeur associé à l’Université de Liège et à la Haute école libre mosane, spécialiste de l’extrême droite.
Des rencontres internationales pour un « renouveau »
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