Dans la savane brésilienne, « le soja a gagné » mais les habitants luttent encore
Les exploitations de soja ne cessent d’alimenter la déforestation du Cerrado, la savane brésilienne au sud de l’Amazonie. Les cultures de cette protéine destinée, entre autres, à nourrir le bétail européen, s’agrandissent au détriment des communautés locales.
Des milliers d’hectares sans un arbre à l’horizon ni aucun bourdonnement d’insecte. Pas une fleur sauvage, pas une haie pour briser la monotonie horizontale des champs de soja. Les plateaux qui dominent la vallée du Rio Preto, dans l’état de Bahia, au Brésil, devraient être couvert de Cerrado, l’immense savane qui s’étend au sud de l’Amazonie. Mais sur ce territoire, tout a été déforesté. « Le soja a gagné », constate froidement Martin Mayr, coordinateur de l’association 10envolvimiento. Il lutte depuis des dizaines d’années aux côtés des communautés traditionnelles de la région pour défendre leurs terres face à l’appétit des grands propriétaires.
Avant les années 2000, des arbustes tordus, de hautes herbes et des graminées foisonnantes poussaient encore. La flore du Cerrado est connue pour son immense réseau de racines qui séquestrent le carbone dans le sol. Parce que sa richesse réside plus sous nos pieds qu’à la surface, les scientifiques l’ont surnommée « la forêt à l’envers ». Mais le groupe d’agro-industrie Estrondo a planté du soja, du maïs et du coton sur plus de 400 000 hectares. « Quand j’étais petit, cette zone était couverte de Cerrado, c’est là qu’on chassait », raconte Ignao, membre de la communauté Cachoeira qui est installée depuis des centaines d’années dans la vallée en contrebas. « Depuis qu’il n’y a que du soja, les jaguars sont descendus, ils attaquent nos bœufs et nos chiens », se désole-t-il.
Une bataille judiciaire pour les terres

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